28.05.2012

Gouine en Grève : plus que jamais.


« If you stand for nothing, you’ll fall for everything » (Me rappelle pas qui a dit cette merveille, désolée)

Je pensais que le cycle était complet, clos, que j’allais passer à autre chose après ma rencontre avec Gabrielle Bouchard.
Que j’allais me trouver un autre sujet que le conflit étudiant (lire : la plus grosse grève étudiante de toute l’histoire du Canada.)
Mais je ne peux pas.
Je ne peux pas passer à autre chose.
Je ne peux pas puisque le conflit lui-même refuse d’abdiquer.
Le mouvement refuse non seulement de laisser tomber mais il est plus vivant et plus revendicateur que jamais.

Vous êtes tannées d’en entendre parler ? Et bien ne lisez pas ce qui suit. Mais j’ose espérer que vous vous souviendrez du contexte social actuel et que lorsque que le moment sera venu, vous irez voter.

Au son des casseroles sur les balcons d’Hochelaga-Maisonneuve, je tente de récapituler, j’essaie de voir si j’en aurais pas manqué un bout, j’essaie de comprendre quand Charest se serait perdu dans les limbes de l’ignorance, du déni, du mépris, de l’arrogance…

Plus de 100 jours de grève pour plus de 150 000 étudiants.
Les assemblées, les pancartes, les slogans, les discussions, le crépage de chignon, les arguments.
Des manifestations monstres à tous les 22 du mois depuis mars.
Des centaines de milliers de gens dans les rues. Oui. J’ai dit des centaines de milliers.
Je dois avoir marché pas moins de 8000 kilomètres pendant ce printemps québécois.

Mon carré rouge est passé de mon manteau d’hiver, à mon manteau en jeans, mon chandail de laine et il est maintenant épinglé à ma camisole estivale.
Je bet qu’il se trouvera un petit spot sur mon bikini.
J’ai eu le temps de finir une session d’hiver et d’en commencer une d’été, puisque l’administration de l’Université Concordia n’a pas la décence de reconnaître la légitimité des assemblées démocratiques et du coup, le mouvement de grève.

Au début mai, les trois grandes associations étudiantes se sont assises avec Beauchamp et un paquet de bureaucrates pendant 20 heures. Oui, d’accord, il y avait aussi des syndicats.
Une entente ? Un compromis ? Une offre ? Surtout pas un moratoire ! Des États Généraux sur l’enseignement supérieur ? Quéssé ça…?
Parle-parle-jase-jase.

Bref, rejet en bloc par les nombreuses associations étudiantes, dont la gang de féministes de la Women’s Studies Student Association de Concordia, de cette entente qui avantageait les gros joueurs (lire: le paquet de bureaucrates).

Puis ça y est ! Un scoop, un choc, une méga surprise pour certaines, une évidence et un soulagement pour d’autres: Beauchamp sacre son camp.
Pus capab’, à boutte.
No wonder…

Avec la guerre des mots, des discours et des wanna-be solutions, il y a aussi la tension dans la rue qui n’a fait qu’augmenter depuis que Charest a osé nous écoeurer avec son Plan Nord au Palais des Congrès de Montréal.
Et que dire de Victoriaville…?
Violence, brutalité policière, beau gâchis social mon Jean ?!

Vous en avez assez ?
Mais ce n’est pourtant pas fini !
Alors que depuis la fin avril des manifestations nocturnes ont lieu à chaque soir, CHAQUE SOIR, alors que des gens de tous âges et de toutes classes sociales prennent d’assaut les rues pour faire entendre leur mécontentement, que dis-je, leur écoeurement ! Bang !
Le maire Tremblay nous sort sa loi anti-masque et Charest sa fameuse numéro 78.
Des gens qui sont élus démocratiquement, à l’Assemblée Nationale, qui supposément représentent la population, ont voté cette loi.

La violence éclate de partout.
Power trip policier à son comble.
Et le maire commence à avoir peur pour le tourisme estival.

Je déprime. Socialement.
Une bombe assourdissante, ça fait peur.
Une foule qui panique et qui se sauve en courant, c’est effrayant.
De la substance lacrymogène, ça sent le tabar***, même à deux coins de rues.
Je peux même pas imaginer l’avoir dans les yeux.

Désobéissance civile par ci, désobéissance civile par là….
Le bruit des voix, des slogans, des pas, des casseroles résonne de plus en plus.
Encore. Plus fort. Très, très fort.

Jean, Jean, Jean…. T’aurais pu régler un conflit étudiant qui concernait une hause des droits de scolarité de 75% (euh…82%). En ouvrant le dialogue. (Que tout le monde attend encore, d’ailleurs.)
Maintenant, je pense que tu vas devoir affronter une crise sociale et la grogne populaire.
Aux urnes.
Est-ce que je vous l’ai dit mesdames ? Allez voter…..

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Par Marie-Claude Garneau

    Caroline G.

    !!! Tellement.

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