Catégorie |

Lez Spread The Word a rencontré Catherine Renaud, la comédienne jouant le rôle de Flavie dans Mémoires Vives. Oui, on était excité par cette rencontre. Oui, c’était le moment fort de cette triste journée de tempête et de réseau STM en panne. Florence, la fondatrice de LSTW, est fan de tous les personnages lesbiens de la télé Québécoise. Moi, je suis fan de pop culture tout court… et de Tou.tv. Kelly, notre photographe, était cool, une qualité indispensable quand il faut mettre les gens à l’aise pour les prendre en photo.

Bref, on a discuté avec Catherine pendant environ une heure et demie. C’était si facile et charmant que pendant la discussion, on a presque commencé à croire que Catherine était notre meilleure amie pour la vie. On a vraiment découvert quelqu’un qui a le souci du travail bien fait et qui, avec son rôle de Flavie, espère plaire à la communauté lesbienne.

Catherine nous a plusieurs fois demandé notre avis sur la série, cherchant à savoir comment elle pouvait améliorer sa performance.

On l’a rassurée: elle est parfaite!

Personnellement, je crois que ce que les gens de notre communauté aiment avec Mémoires Vives, c’est que la série nous présente un couple de femmes fortes, matures.

Ici, on n’a pas droit à une remise en question: Flavie a toujours été solide dans son identité sexuelle et de cela ressort une relation très stable avec sa copine, Julie. C’est une belle image qui fait changement des clichés du personnage de lesbienne «folle» ou confuse.

D’ailleurs, Catherine dit recevoir souvent des messages de femmes la remerciant de véhiculer une image saine de l’homosexualité.

Non, pas de déclarations d’amour de fans en délire… Mais beaucoup de remerciements et de compliments sur son travail.

Anecdote: quand Catherine sort une amie, elle entend parfois les gens chuchoter des trucs du genre «Ah ben, ça doit être sa blonde». Certains sautent rapidement aux conclusions! Pas que ça fâche Catherine. Après tout, c’est bon signe, si les gens la trouve à ce point crédible dans son rôle!

D’ailleurs, on sent qu’elle a un peu le syndrome de l’imposteur: «Mais si je me pointe à la parade de la Fierté avec vous, est-ce que les gens vont penser que je me prends pour une autre? Que je me prends pour Flavie?»

Ce à quoi on a répondu: on a toujours besoin d’alliés. Ça fait plaisir de voir qu’une comédienne comprend l’impact de son rôle sur le grand public. «Avec ce rôle là, je me suis dis: on va continuer à défoncer des murs et montrer que c’est normal.» Wow, on a quasiment trouvé une porte-parole!

Au fait, comment Catherine est devenue Flavie? «J’ai passé une audition, où j’ai du jouer un peu à la psychiatre et un peu à la lesbienne.» Catherine avait d’ailleurs déjà joué un rôle de lesbienne dans Sophie Paquin. Mais bon, à quatre ans d’intervalle entre les deux séries, on ne peut sans doute pas voir de cause à effet entre les deux rôles.

Dans le sens où, non, ce n’est pas parce qu’on joue un rôle gai une fois qu’on est catalogué à tout jamais dans la section «A+ homos» de l’UDA.

On demande souvent aux acteurs jouant des rôles gais comment ils se sont «préparés»… Catherine nous a dit: «Plein de gens autour de moi m’ont inspirée et m’ont permis de jouer le rôle avec sincérité.» Assez compréhensible… en 2014, je pense que les comédiens jouant des rôles homosexuels ont assez d’exemples dans leur entourage. Bon, ok, Catherine a avoué qu’après avoir obtenu le rôle de Flavie, elle a espionné un couple de filles s’embrassant en public. QUOI! Moi, j’appellerais ça de la simple recherche.

Aussi, oui, Catherine a écouté The L Word. Et Féminin/Féminin. «J’ai checké plein d’affaires, je me trouvais ben drôle. J’avais jamais embrassé de fille avant le plateau de Mémoires Vives! J’étais quand même un peu stressée. Mais tsé, moi je suis all in, quand je suis Flavie, j’ai zéro doute, parce qu’elle est tellement affirmée dans son orientation.»

On sent que pour Catherine, c’était vraiment important de se lancer à 100% dans l’expérience. Un vraie actrice, quoi. Super attentive à la crédibilité de son personnage, elle s’est même demandée si c’était trop vite pour Flavie et Julie d’avoir un bébé ensemble. On l’a rassurée que ça se pouvait… en lui expliquant le mythe de la lesbienne U-Haul!

On l’a d’ailleurs aussi «éduquée» sur quelques points, comme la définition de Gold Star (lesbienne qui n’a jamais eu d’expériences avec des hommes)… On se sentait très à l’aise avec elle. La preuve: à un moment donné lors de notre conversation, j’ai affirmé que j’avais posé toutes mes questions. Or, nous avons continué à parler pendant… 45 autres minutes!

Pour terminer, je n’ai pas le choix de vous relater un moment très cute, que j’ai trouvé qui résumait bien l’attitude à avoir face aux acteurs jouant des rôles d’homosexuels. Catherine nous a demandé si ça nous dérangeait que «ce soit une straight qui joue une lesbienne»…

Juste comme Florence et moi allions répliquer à la blague «faut jamais dire jamais», Catherine a elle-même un peu répondu à sa question en disant:«Jouer de l’amour c’est jouer de l’amour, c’est tout»… Ce avec quoi on ne peut s’empêcher d’être d’accord, avec des petits coeurs dans les yeux.

Par Marie Darsigny

Sahara Baldwin

Présenté par The Woman Power, entrevue avec l’article Sahara Baldwin. Sahara Baldwin est une artiste et modèle multidisciplinaire qui a grandi au centre-ville de Tkaronto. Depuis son...

Journée de visibilité lesbienne à Montréal

Créée en 1982, la Journée de visibilité lesbienne est toujours d’actualité. Dans le cadre de cet événement, l’objectif est...

Tous les éditoriaux