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L’exposition Poster Boys – Comme des garçons…

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On a toutes déjà eu un #girlcrush. Mais, un #boycrush, disons que c’est moins habituel. Toujours est-il que l’exposition Poster Boys, présentée jusqu’au 28 mai chez Never Apart, ne nous laisse pas de glace. Photographiées par le Montréalais d’adoption Richmond Lam, 17 mannequins de sexe féminin se sont prêtées au jeu en se métamorphosant vraisemblablement en charmants jeunes hommes tout droit sortis des années 90.

À mi-chemin entre nostalgie et provocation, Poster Boys se veut une exposition questionnant les thèmes du genre, de l’empathie et du regard des figures féminines, le tout d’une perspective assez amusante. Sous la direction de l’artiste montréalaise Eve Thomas, 17 jeunes femmes se sont donc mises dans la peau de ces tombeurs issus de boys band. Le résultat? «Des femmes prétendant être des garçons qui jouent à être des hommes pour des petites filles», peut-on lire à l’intérieur de la brochure de l’exposition. Il y a de quoi perdre le fil – et en sortir un tantinet troublée.

En plus de pointer une décennie en particulier, le projet s’attarde non seulement sur une esthétique, mais sur des photos qui ont bel et bien existé, en reprenant par exemple la couverture du Bop Magazine sur laquelle posait le (très!) jeune Jonathan Taylor Thomas. En contemplant de tels portraits se juxtaposent plusieurs interprétations distinctes, variant selon l’âge, le genre et l’orientation sexuelle du public. D’une part, ce côté étrange et comique à la fois, d’une autre, la profondeur du propos d’un point de vue sociologique: le fait que toute une génération d’adolescentes se soit amourachée intensément de ces jeunes hommes possiblement parce que c’est ce qui était branché.

Possiblement parce que c’est ce qui était dicté dans les médias et qu’il devenait chose commune d’avoir son garçon préféré, de découper ses photos dans les magazines pour les coller dans son agenda et d’en faire l’objet d’une quasi-cérémonie dans les soirées pyjama entre filles. Et ce sans même que ces vedettes préfabriquées soient conscientes elles-mêmes de l’ampleur de leur pouvoir de séduction.

En plus de recruter des mannequins issues de la communauté créative montréalaise – dont plusieurs se définissent comme LGBTQ – Lam et Thomas contribuent à alimenter une réflexion autour de l’identité sexuelle de ces jeunes filles qui tapissent leurs murs de ces fameuses affiches.

De rassembler ces protagonistes ensemble, ces femmes qui jouent à être des garçons, c’était un peu comme provoquer une rencontre nécessaire pour se remémorer certains souvenirs de jeunesse oubliés. Plusieurs interrogations en sont d’ailleurs ressorties: la notion de groupie est-elle exclusivement associée à la période de l’adolescence? Est-ce que ces poster boys furent simplement l’effet d’une mode ou plutôt une manifestation du passage obligé vers l’âge adulte? Fait-on face au même phénomène aujourd’hui en 2016, est-ce que les jeunes filles ont le béguin pour les pop stars modernes?

Ne manquez pas de visiter l’exposition chez Never Apart, organisation située dans le Mile-Ex qui propose une programmation suggérant un éveil social combinant arts visuels, cinéma, conférences et performances. Jusqu’au 28 mai.

http://www.neverapart.com/

Par Laurianne Désormiers

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