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Établie depuis 6 ans à Montréal, Magali Huchet s’est découvert une passion pour la peinture hyperréaliste et la construction de meubles en bois. Arrivée « pour l’aventure », elle monte aujourd’hui sa petite entreprise de meubles. Ses créations peuvent être spontanées ou sur demande mais elles ont la particularité d’être réalisées uniquement à partir de bois trouvé et de meubles laissés à l’abandon dans les rues. Un moyen pour elle de redonner vie aux objets et de les laisser parler. Ce projet, qui prend racine dans le quartier Mont-Royal, permet de revaloriser l’aspect vivace et beau de l’aléatoire en créant une unicité et une cohésion avec leurs futurs propriétaires.

/ Un parcours atypique

Cadre fonctionnaire à Paris, Magali était initialement partie pour Vancouver, ville avec laquelle elle était tombée en amour. Mais la langue et les prix l’ont amené à Montréal « en attendant ». Des remplacements en tant qu’éducatrice dans les Centres de Petite Enfance lui ont permis de découvrir le pays à travers les yeux des enfants ainsi qu’une autre pédagogie et d’autres visions de l’éducation. Montréal a ainsi eu raison d’elle. Magali avait débuté la peinture il y a une dizaine d’années de manière autodidacte et instinctive. C’est après une série d’exposition à Paris et à Montréal que tout a commencé. Voulant fabriquer elle-même des cadres pour ses toiles, elle s’est retrouvée avec des surplus de bois.

Elle a donc fait un coffre, puis une table basse… Jusqu’à ce que son entourage lui en réclame puis qu’elle découvre, dans le sous-sol de son immeuble, un établi qui finit de la convaincre de créer son
entreprise. Depuis, elle apprend sur le terrain : « C’est le bois qui me confronte au bout d’un moment. C’est-à- dire qu’il y a des bois qui sont plus durs à scier, d’autres à percer, alors je vais chercher l’information et je me rends compte de quel type de bois il s’agit. J’aime ça, c’est la matière qui vient me chercher ». Outre sa capacité autodidacte de création et de fabrication probablement due à sa formation mathématique, elle envisage un jour de compléter son approche avec des cours d’ébénisterie. Et si une blessure à la clavicule l’a arrêtée dans sa lancée initiée en mai et empêchée de continuer cet hiver, elle souhaite aujourd’hui repartir de plus belle.

/ Des meubles originaux dans tous les sens du terme

La création de ses meubles tient autant du hasard que du coup de cœur. D’abord il lui faut croiser le matériel à recycler, puis se figurer avec quoi le faire concorder jusqu’à aboutir à sa forme finale : « Je vois une palette, je sais déjà ce que je vais en faire. J’ai toujours été bricoleuse et manuelle, en train de démonter des choses ». Cette rencontre spontanée se produit également quand les personnes voient le meuble qu’elles veulent acheter. Magali permet ainsi à l’objet de passer d’un état à un autre, d’une vie à une autre, d’une personne à une autre. « Travailler avec le recyclé m’intéresse parce que ce n’est pas la même chose que de l’ébénisterie pure. Tout ce que je fais, je le fais avec des objets trouvés dans mon quartier. Je me balade avec mon diable et mon chien et je ramène des morceaux de bois qui m’intéressent ou des pieds de table, plein de choses! ».

En dehors de la colle, elle n’utilise pas de produits chimiques et ses meubles, non vernis, sont destinés aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. Le choix de la finition est laissé à l’acheteur car Magali préfère laisser le bois brut et lui donner une chance de muter entre les mains de son propriétaire. « Le plaisir que j’ai c’est de raboter et poncer du bois ». Si le bois, quelque part, lui parle et lui dévoile son propre caractère, c’est qu’elle aime les choses personnelles et personnalisables, humaines. Aussi, impossible de considérer ses meubles simplement comme « vendus », mais plutôt suivant une route et une rencontre.

/ Une entreprise éthique en devenir

Son entreprise est à échelle humaine, abordable dans la mesure du possible, à la fois créative et apte à satisfaire des demandes. Aussi, certaines contraintes dues à ses trouvailles, notamment de temps et de mesure, font partie du charme de sa démarche. L’aspect éco-citoyen et libre lui plaisent : « C’est plus l’objet qui me parle que moi qui veut faire travailler l’objet ». Il peut s’agir d’une valise qui devient banc ou encore d’un meuble IKEA qui vit une transformation.

« Pas la peine d’avoir des choses super belles ou extra chères, le but c’est de réutiliser et d’embellir les choses que je trouve ». S’il lui arrive de troquer, d’échanger des savoirs ou des services, et de vouloir s’engager autour de projets communautaires, elle souhaite dans un même temps gagner sa vie honnêtement et rendre les gens heureux à travers la confection de ses meubles. Aujourd’hui, encore à cheval entre la passion et le professionnalisme, elle espère bientôt vivre de ses ventes à temps plein : « Mon but n’est pas de devenir une multinationale. J’ai envie de me faire plaisir et de gagner juste ce qu’il faut pour payer mes factures et un petit voyage de temps en temps ».

Cet été, Magali espère faire le plus de marchés possible afin de développer et de faire connaître son entreprise auprès d’un plus large public. Pour autant, elle souhaite rester dans son quartier, proche de ses valeurs éco-citoyennes et humaines. Pour retrouver ses créations sur facebook et diffuser la bonne nouvelle : MH créations.

Page Facebook: Cliquez ici.

Tumblr: http://magalihuchet.tumblr.com/

Par Delphine Cézard

LSTW X Kai Cheng Thom

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