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Panthères Rouges : un collectif féministe subversif

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Les Panthères Rouges ont pour objectif de « poétiser, érotiser et magnifier les « abjections » liées au corps féminin : tampons souillés, infections urinaires, diarrhées post-boisson, bad lucks de diva cup, torturant les non-dits et les fleurs du tapis ». Même si leurs apparitions sont aléatoires et leurs projets fluctuants, la force et la nécessité de leur propos les emmènent à se développer sur divers fronts et à rester mutables.

Évoquer les menstruations à travers une série de performances, telles que des lectures poétiques ou une invitation à suspendre des bobettes tachées au parc Lafontaine, constitue pour elles un moyen d’aborder d’autres sujets tabous reliés au corps féminin. Il s’agit de donner la parole aux femmes, d’ouvrir la porte à des corps de textes – et à des corps physiques – différents et riches. Les thématiques soulevées peuvent être reliées à l’aspect physiologique des femmes mais aussi plus largement à leur intégrité morale ou sexuelle.

Si le collectif fait référence à la Panthère rose, c’est pour son côté décalé, humoristique et coquin, tournant en dérision le caractère machiste, ou tout du moins masculin, du personnage. Oublier la gêne et libérer les mots sous un aspect goguenard et léger, sans victimisation, tel est l’ambition du collectif selon lequel « l’écriture est importante pour ceux qui vivent des oppressions et je ne parle pas seulement des femmes ».

/ Un porte-voix décomplexé et communautaire

Si elles ont choisi une sorte d’anonymat à travers leur collectif, c’est parce qu’elles le souhaitent universel afin que les femmes, au sens large, s’emparent de cette parole. L’absence de personnalisation a pour but de (re)mettre sur la place publique, et sans honte, les maux dont peuvent souffrir les femmes. Qu’il s’agisse de lire des poèmes ou d’écrire des textes, leurs performances sont réalisées en binôme: « On essaie de ne pas s’approprier ce que l’on écrit mais de vraiment faire quelque chose qui nous appartienne autant à l’une qu’à l’autre ».

En ce sens, leur démarche est communautaire et le message est politique puisque « rien n’est fait pour la promotion d’un individu mais principalement pour le sujet en tant que tel. […]. On se reconnaît comme cisgenres mais on se veut inclusives vis-à-vis de celles qui se considèrent différemment ou qui vivent des réalités différentes ».

/ Une diversification nécessaire

L’expression de cette parole peut transiter à travers différents vecteurs, comme la lecture ou l’organisation de rencontres. En février, avec le concours de cinq illustratrices, elles ont réalisé des cartes pour la St-Valentin. Elles sont disponibles gratuitement à La Passe, au Café des arts, au Oui mais non et à la librairie la Flèche rouge. Ces cartes sont également offertes à l’occasion du lancement de la campagne de socio-financement de la librairie féministe l’Euguélionne qui a débuté le 15 mars.

La forme que prend la parole des Panthères rouges dépend du contexte dans lequel elles interviennent mais aussi des personnes qui s’y rattachent et des projets qui y sont lancés : « Sur scène, on est plus trash, drôles et punchées alors qu’à l’écrit nos poèmes ont un ton différent et le zine dépendra de nos collaboratrices ». Elles sont donc ouvertes à découvrir d’autres milieux, à participer à des projets rattachés à d’autres secteurs comme le cinéma ou le théâtre et à continuer à lancer sur le vif des lectures de poèmes dans des soirées à micro-ouvert.

Les Panthères rouges en sont à leurs débuts et souhaitent continuer à faire parler des femmes et de leurs problématiques sur un ton léger et décalé, que ce soit dans des cercles littéraires, dans des centres communautaires ou d’aide aux femmes ou encore dans des « endroits où la prise de parole n’est pas nécessairement mise de l’avant ». En avril, elles seront au colloque OFF-CIEL qui se décrit comme un événement académique et ludique et qui tournera cette année autour de la culture populaire.

https://offciel.wordpress.com/
Page Facebook: https://www.facebook.com/pantheresrouges/

Par Delphine Cézard

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TiKA est une artiste, DJ, créatrice, productrice culturelle, personnalité de la télévision et du Web, activiste en défendant l’autonomisation des femmes artistes et...

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