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Dès jeudi, les RIDM prennent d’assaut les salles de cinéma de Montréal jusqu’au 20 novembre pour leur 19ème édition. Cette année encore, elles proposent aux cinéphiles exalté(e)s tout un éventail de documentaires où les femmes règnent à l’écran. Certaines luttent au sein du PKK. D’autres, pour leur carrière de « starlettes ». Détenues dans un centre de rééducation, des adolescentes endurent le poids de leur existence. Focus sur trois films.

Gulîstan, terre de roses
Réalisé par Zaynê Akyol

http://www.ridm.ca/fr/films/gulistan-terre-de-roses

Dans le sud du Kurdistan, des femmes s’entraînent au cœur des vallées et des plaines. Elles se battent pour leur pays, pour les femmes et pour leurs mères. « L’arme, ce n’est pas tout. Faites attention à votre physique, car votre souffle affectera le viseur et la gâchette ». Engagées au sein du PKK, certaines ont quitté leur famille pour toujours. « Chaque femme laissée à la merci des hommes est condamnée à l’esclavage ». Mais après tant d’années à la guerre, celle-ci laisse des traces. Sozdar confie face caméra, le rire timide, qu’elle caresse sa cicatrice lorsqu’elle se peigne les cheveux. Elle aurait pourtant aimé que celle-ci soit visible, « je sens que ça m’embellirait ». En souvenir d’une camarade martyre, l’une de ses coéquipières raconte qu’elle prend soin de son arme et la protège. « Mon arme s’appelle Bien-Aimée ». La réalisatrice capte l’intimité de ces combattantes. Entre les entrainements, elles débattent, partagent les repas et soignent leur chevelure. Avec la plus belle des pudeurs, Zaynê Akyol récolte leurs rires et leurs larmes. Leurs convictions et leurs doutes.

Raise Your Arms and Twist — Documentary of NMB48
Réalisé par Atsushi Funahashi

http://www.ridm.ca/fr/films/raise-your-arms-and-twist-8212-documentary-of-nmb48

Osaka, Japon. Une centaine de filles en jupettes se déhanchent sur une scène immense, au rythme d’une musique et d’un jeu de lumière électrisants. Digne d’un show de Beyoncé, les revendications féministes en moins. « Can I pack your lunch for you ? », chantent-elles tout en souriant à leurs admirateurs. Ces jeunes filles d’à peine 20 ans sont les idoles, pop stars japonaises adulées dont le destin de starlettes repose sur une compétition acharnée. Leur carrière peut s’arrêter du jour au lendemain puisque celle-ci dépend du nombre de vote reçus de la part de leurs fans. Mâles, pour la plupart. Entre les shows, ces derniers rencontrent leurs favorites. Mais les plus adulées ne leur accordent que huit secondes. « Je vais continuer à travailler fort », leur promettent-elles. Fukoyagura rêverait d’offrir une grande maison à sa famille. Alors coûte que coûte, il faut sourire et séduire. Yamamoto se pratique même en coulisses. Dans ce monde faussement pailleté, la confiance en soi est mise à rude épreuve. Les idoles passent du rire aux larmes. Le spectateur, de l’ardeur à la peur. Un documentaire aussi électrique qu’effrayant.

Starless Dreams
Réalisé par Mehrdad Oskouei

http://www.ridm.ca/fr/films/starless-dreams

Mehrdad Oskouei est professeur en Iran. Il emmène sa caméra dans un centre de rééducation pour adolescentes. Empreintes, photos puis interrogatoires sont les étapes obligatoires une fois admises dans l’établissement. Pour la plupart, la drogue et la violence façonnent leur schéma familial. Alors Katerah a décidé de s’enfuir et Somayeh de commettre l’irréparable. « What are you in for, Somayeh ? » « Killing my father ». De sa voix monochorde et détachée, Mehrdad Oskouei recueille le vécu de ces âmes mutilées qui, chaque jour, jonglent avec leurs émotions. Nobody implore sa grand-mère au téléphone. Katerah souhaiterait simplement disparaître « What’s your dream? » « To die ». Malgré tout, l’orgueil résiste. Nobody n’a pas peur de s’insurger après la prière : « No one thinks that God could be a woman !». Quant à Masoumeh, elle chante à tue-tête pour amuser ses comparses. Jour après jour, ces jeunes femmes pansent leurs cœurs dans l’espoir d’une existence moins orageuse pour enfin ne plus revoir les murs de leurs dortoirs.

Par Fanny Dupond

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